“Tandis que le monde meurt” de Rhiannon Frater, un livre avec pas beaucoup de zombie dedans…

Vous savez ce que je déteste le plus avec les effets de mode ? C’est qu’il s’agit bien souvent de trouver une chiasse d’oeuvre en tout genre autour d’un même thème, mais les 3/4 du temps,  autant dire les choses comme elles sont : c’est de la grosse bouse.

Il y avait les vampires. Puis il y a eu Twilight.
Il y avait les zombies. Puis il y a eu Tandis que le monde meurt.

Bon ok, j’exagère. Les zombies n’ont pas eu besoin de cet énième livre pour se manger un coup dans leur fierté. Mais il n’a pas aidé pour relever le niveau de la masse de livres/films/jeux vidéo qui se déroule dans un monde post-apocalyptique.

ze geekette - la geekette au laptop - tandis que le monde meurt livre rhiannon frater couverture

Tandis que le monde meurt : 1 – Les Premiers Jours.
L’annonce est claire dès la couverture, il s’agit d’une saga. Le traduction du second tome devrait arriver en France en Septembre, d’ailleurs. Mais chaque chose en son temps. Malgré que ça soit une critique, je vais malheureusement pas pouvoir passer à côté de certains spoils. C’est à vos risques et périls !

Tandis que le monde meurt, c’est un roman qui se déroule aux États-Unis à notre époque mais en pleine apocalypse zombie. Le sujet a déjà été traité mainte fois mais ce livre se démarque des autres avec quelques points (dont certains se vérifieront au fil des pages) :

  • Deux héroïnes, une blonde et une brune
  • Aucun militaire du début à la fin du livre. Des survivants pour de vrai comme vous et moi (ou presque…)
  • Une héroïne lesbienne (bah ouais, ça change des Bella et des Ana)
  • Une histoire qui troque la testostérone pour un girl power

Bon, ça, c’est la théorie et plus ou moins la pratique durant la première moitié du livre. Durant la seconde, certains éléments changent :

  • Deux héroïnes + deux héros
  • Une histoire qui troque le girl power pour une trame à l’eau de rose et pleine de guimauve
  • Une héroïne lesbienne bisexuelle

Vous allez me dire : “Mais qu’est-ce qu’on s’en fout qu’elle soit bisexuelle au lieu de lesbienne ? C’est une apocalypse zombie, bordel !” et vous n’auriez pas tout à fait tort. Mais dans ce cas, POURQUOI RAJOUTER UNE HISTOIRE D’AMOUR ENTRE LA BISEXUELLE ET LE PREMIER MEC QU’ELLE CROISE ?
Réponse en une phrase : parce que c’est bidon.

Chez moi, c’est pas une évolution mais un mauvais retournement de situation

Je suis peut-être un peu dure dans mes propos mais soyons honnête… C’est quoi ce retournement de situation dans l’intrigue digne d’une gamine de 10 ans ?

Un personnage est parfaitement en droit d’évoluer (comme Carole dans Walking Dead, par exemple), mais une évolution doit toujours être traité avec beaucoup d’attention… Là, on réalise au bout de la moitié du roman que notre héroïne n’est pas lesbienne mais qu’en plus de ça, elle lorgne méchamment sur le premier beau-gosse qui croise sa route au camp.
Bien entendu, ledit beau-gosse deviendra un héros à part entière dans le livre (dans un degrés moins important), ce qui nous balancera aux orties par la même occasion le point fort du roman “Enfin une histoire avec des nanas”.

Mais bon, laissons de coté la lesbienne qui est en moi pour s’attaquer un peu plus aux zombies.

Qui dit Zombie, dit Survie. C’est la logique des choses.

Dans un roman post-apo, on s’attend à découvrir la façon dont les personnages vont tout faire pour s’en sortir. Ici, si la première moitié du livre traite le sujet de façon agréable (sans non plus être révolutionnaire), on en vient littéralement à se faire chier lorsqu’elles arrivent au camp de survivants.
De là, plus une seule page ne passe sans que les rapports avec les zombies soient échangés avec les rapports entre survivants (et donc, les romances avec tout les sentiments guimauves que ça implique, voir paragraphe plus haut).

L’idée d’aborder la communauté de survivant, les liens qui se tissent est une bonne chose. Je vais pas cracher sur tout non plus… Mais pourquoi écrire 150 pages sur le fait qu’ils se réveillent quotidiennement avec la peur au ventre et qu’ils vont trouver refuge dans les bras de leur chérie/copine/plan-cul/futur plan-fesse/rajoutez-le-mot-que-vous-voulez en les prenant par la main, le bras ou carrément en leurs faisant des bisous ?
L’écrire une fois passe encore, mais l’écrire sur 150 pages… WTF !

À vrai dire, je comprend pas trop ce que l’auteur a cherché à faire…

Rhiannon Frater n’est pas à son premier livre mais c’est le premier que je lis d’elle et en toute franchise : elle a chié dans la colle.

Les 150 dernières pages ont été un supplice à lire mais j’ai tenu bon, espérant qu’elle arriverait à me surprendre. Mais rien…
Tout était couru d’avance : les rapprochements entre tel et tel personnage, la mort de bidule…

Rhiannon Frater aime les cimetières (qui a dit que ma légende est nulle ?)

Rhiannon Frater aime les cimetières (qui a dit que ma légende est nulle ?)

Ah non, je me suis loupée sur un détail : je m’attendais à une fin en feu d’artifice comme on pourrait le voir dans une fin de saison de Walking Dead. Un truc qui nous donne envie d’insulter l’auteur pour avoir arrêté son livre à cet instant précis et qui nous fait rajouter sur notre calendrier du mois de Septembre “Pensez à acheter le Tome 2 de “Tandis que le monde meurt”. Bien entendu, rien de tout ça ici. Malheureusement.

Vous vous en doutez, je ne compte pas acheter le second tome. Si une amie vient me le prêter, je le lirai peut-être afin d’accorder une seconde chance à Rhiannon Frater, mais c’est mal barré.

À qui s’adresse ce roman ? Bonne question…

  • Pas aux adeptes des zombies : vous allez vous emmerder comme un dimanche au Kremlin
  • Pas à ceux qui veulent découvrir ce thème : autant vous orienter vers un meilleur livre
  • Pas aux féministes : vous allez accumuler les /facepalm devant tant de clichés
  • Pas aux lesbiennes : parce qu’il n’y en a pas

Non, en toute sincérité, je vois pas à qui il s’adresse…

D’ailleurs, pour la petite histoire, Rhiannon Frater a cherché un éditeur pendant des mois, sans succès. Au final, elle s’est auto-édité et a publié cette histoire sur internet. Le succès a fini par venir et elle a enfin reçu des propositions d’éditions.

Un seul point positif à ce roman malgré tout : Rhiannon Frater connaît le sujet. Ou plutôt, devrais-je dire qu’elle a fait des recherches sur les zombies et semble connaître le “Guide de Survie en territoire zombie” de Max Brooks qu’elle mentionne textuellement à de nombreuses reprises tout comme les films de Romero. Ok, c’est une maigre compensation, mais c’est la seule que j’ai trouvé…

Si vous êtes malgré tout masochiste au point de vouloir lire Tandis que le monde meurt de Rhiannon Frater par vous même, vous pourrez le trouver très facilement sur internet :

Tandis que le monde meurt – Rhiannon Frater – Edition Eclipse à 14€ chez Amazon.
La version ebook est également dispo à 9€ sur Kindle mais il n’est plus dispo sur Kobo à l’heure où j’écris cet article. Vous pourrez malgré tout le trouver en EPUB chez la FNAC.

D’autres avis ?

Si vous souhaitez lire d’autres avis, rien de plus simple. Vous trouverez de nombreuses critiques ici dans cette liste.

Avis positif après la découverte de l’univers zombiesque :

Avis plutôt positif :

Avis plutôt négatif :

Avis négatif :

Aya

Salut ! Moi c'est Aya, geekette, blogueuse et youtubeuse à mes heures perdues. J'aime les RPG, les étoiles et les chats qui chient des arc-en-ciel. Installe toi et prends un curly !

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1 Réponse

  1. Fravic128 dit :

    Salut,

    à la recherche du tome 3 pour finir ma lecture de cette saga, je tombe sur votre critique état d’âme plutôt sévère dans un premier temps, plutôt justifiée dans un second temps.

    Apparemment nos centre d’intérêts ne sont pas les mêmes quand à ce genre de lecture.

    je m’ intéresse d’avantage à la survie des personnages et aux techniques utilisées dans cet objectif.

    De plus l’étude des interactions psycho-sociologiques dans ce contexte intense de peur de la part des auteurs est toujours utile à lire, sait on jamais.

    La dimension romantique me laisse de marbre, quelque soient les orientations sexuelles des personnages.

    A Bientôt dans un futur post apocalyptique ou nos compétences et nos réflexes nous permettrons de survivre et de reconstruire.

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